Publication : European shipping companies survey : Expectation vs Reality

Un nouvel article avec IT IS GIS / GeoDataSolutions !

Enjeux géopolitiques, gouvernance, développement des infrastructures, prix des ressources et intérêts des compagnies de navigation maritime … très éclairant et instructif sur l’exploitation de la zone arctique et la navigation commerciale !

Merci à l’équipe CQEG (Conseil Québécois d’Etude Géopolitique) et à l’Université de Laval d’avoir été au bout de cette étude, et à notre collègue Mélanie pour son implication et sa persévérance !

L’étude est en ligne : https://cqegeseiulaval.files.wordpress.com/2020/06/europeancompaniesarcticshipping-etudescqeg2020-final.pdf

Sans être une prestation « carto » mais plutôt « data », on voit que l’étude des (géo)données peut nous emmener n’importe où sur la planète et au-delà, et sur des sujets très variés; on adore 🙂

Et si cet été vous partiez à la découverte du monde en passant par l’histoire de la cartographie, par un pays disparu et par le Congo?

3 ouvrages proposés et résumés par notre collègue Mélanie !

1. On the Map de Simon Garfield

« Toutes les cartes racontent une histoire. » Simon Garfield, On the Map. 2012-2013

On the Map c’est une histoire de la cartographie racontée avec énergie, enthousiasme et humour. C’est une histoire de ce qui fait de nous des humains, de notre fascination pour les cartes, de la place que nous leur accordons tous les jours depuis Claude Ptolémée jusqu’à Google, Facebook, et TomTom (entres autres). L’histoire de la cartographie passe aussi par le cinéma, la littérature, les guerres de projections (Mercator, Peters-Gall, Lambert), les croisements d’information (John Snow et le choléra), Charles Booth et les aplats colorés. Garfield nous balade jusque dans les plateformes de cartographie en ligne, accessibles à tous et qui permettent à tout le monde d’avoir une voix, de se battre pour son héritage, de se placer de manière visible dans l’espace mondial.

Les cartes relatent notre Histoire dans tout ce qu’elle a de bon (progrès, lutte contre les épidémies, imagination, navigation, exploration, aménagements de l’espace urbain, triangulation etc.) et tout ce qu’elle a de mauvais (ségrégation, colonisation, guerres, destructions, propagande, désinformation). L’histoire contée par Garfield est sélective bien entendu, comme toutes les histoires. Néanmoins, en vous plongeant dans On the Map je vous promets un voyage dans l’espace et dans le temps à la découverte de nos liens profonds à la carte, jusqu’à l’obsession et à l’appât du gain. Vous voyagerez à Alexandrie, à Bagdad, à Hereford, à Venise, à Cathay, en Inde, dans l’Antarctique, à Londres, en Amérique, en Californie devenue une île (si si je vous assure), à Hogwarts. Vous rejoindrez la Terre du Milieu, l’île au trésor, l’île des enfants perdus, Mars, la Lune et les montagnes imaginaires d’Afrique. Vous pourrez éventuellement vous retrouver dans Donjons et Dragons, et dans Skyrim. Vous visiterez Google et vous irez à New York rencontrer un des plus grands acheteurs et revendeurs de cartes au monde ainsi que son double maléfique, le plus grand voleur de cartes. Vous rencontrerez aussi des faussaires hors pair. Au milieu de tout ceci, de grands noms viendront sonner à vos oreilles comme une madeleine de Proust : Ptolémée, Shackleton, John Snow (pas celui de Game of Thrones je précise), Mercator, Vespucci, Marco Polo, Fra Mauro, Churchill, Indiana Jones, Rick’s Café, Stevenson, Harry Potter, Tolkien. La liste est longue mais elle en vaut la peine.

Beaucoup de gens répètent qu’ils n’aiment pas la géographie, pourtant ils en font tous les jours : la carte est partout et est un compagnon indispensable de notre vie.

Le ton de Garfield est entraînant et plein d’esprit ce qui permet de ne pas s’ennuyer tout en apprenant ou en redécouvrant des aspects majeurs de la cartographie mondiale et de notre histoire. Je regrette seulement que le livre ne soit pas traduit en français, c’est le seul bémol.

kk

2. Le pays disparu. Sur les traces de la RDA par Nicolas Offenstadt

« Je peux me promener des heures dans les brocantes à regarder les objets, à les acheter, à discuter avec les vendeurs. Cette errance prête aux divagations dans le passé : regarder un pays à l‘horizontale, sur des tréteaux. » Nicolas Offenstadt. Le pays disparu. Sur les traces de la RDA. 2019

En décembre dernier je tombais un peu par hasard sur un podcast de La Fabrique de l’Histoire, sur France Culture (Pour info Nicolas Offenstadt a aussi été interviewé sur la RTS en septembre 2018). Le discours est similaire, les anecdotes aussi mais je vous recommande la partie sur la culture musicale et le morceau de Silly, Tanz keiner Boogie, ainsi que la partie sur les séries télévisées et les films. Nicolas Offenstadt, spécialiste des questions mémorielles, était invité pour parler de son essai, Le pays disparu. Sur les traces de la RDA.

Dans l’entretien il se définit comme un historien de terrain, un historien « de plein air ». Il est aussi un explorateur urbain. Il a parcouru l’ex-RDA à la recherche des traces sur le mode de l’URBEX (Urban Exploration), c’est-à-dire qu’il parcourt les lieux abandonnés . J’ai été très intriguée par cette définition d’historien de plein air. En tant que géographe et cartographe je suis habituée au terrain, à être dehors par tous les temps ou presque, et pour avoir travailler avec des historiens, les seuls qui pour moi étaient sensibles aux heures passées sur le terrain, c’est-à-dire dans un espace autre que les bibliothèques et les archives, étaient les archéologues.

Offenstadt a mis à mal cette idée toute faite que j’avais. Il a parcouru le territoire de l’ex-RDA, les villes, les friches industrielles, les anciens bâtiments (même ceux qui tiennent à peine debout) etc. et ce qu’il l’a frappé, même dans des villes que l’on pourrait penser touristiques comme Weimar, c’est un espace public fait de ruines et de vides: « Tous ces espaces de l’ex-RDA entre ruines et réaménagements constituent parfois des « non-lieux » […], dont le développement échappe à un ordre urbain».

Offenstadt a parcouru pas loin de 200 lieux à la recherche des traces de la RDA et du communisme et s’est interrogé sur comment ces traces sont intégrées dans le présent, et ce que le présent fait de ces traces.

Au fur et à mesure de ses visites il trouve des dossiers abandonnés, dans des bureaux, parfois à même le sol. Ces dossiers ne sont pas seulement liés à la comptabilité ou à la gestion de l’entreprise, mais il y a parfois des mètres linéaires de dossiers personnels (dossiers médicaux, dossiers personnels parfois lourds). C’est un monde d’archives laissé à l’abandon, ouvert à tout le monde, ce qui est très perturbant pour un historien.

 Pour son voyage en ex-Allemagne de l’Est et sa recherche des anciens sites, Nicolas Offendstadt s’est déplacé avec des plans de villes de l’époque : 

des séries publiées à partir de 1967, de 1973 et de 1981. « En soi, ces cartes sont des objets extrêmement riches, elles sont à la fois pratiques, géographiques, historiques et politiques. […] Géographiques, bien sûr, car ils dessinent un espace urbain, mais évidemment politiques, car ils disent toute une vision de la ville, de la mise en scène du passé […]. »

Pour avoir fait ma maîtrise de géographie sur le réaménagement du port de Rostock depuis la Réunification, le livre d’Offenstadt m’a fascinée. Premièrement parce que j’ai aussi suivi, modestement, des traces du communisme sur des bâtiments du vieux port et dans la ville -probablement détruits depuis. Deuxièmement parce que ce livre interroge la reconversion et la réinvention spatiale de l’espace public mais aussi l’effacement de tout ce qu’était la RDA, toujours enjeu social et politique, 30 ans après la chute du mur.

Cependant les cartes manquent cruellement pour suivre au plus près ses visites, notamment dans Berlin. Si vous ne connaissez pas la géographie de l’Allemagne et si vous ne connaissez pas Berlin je vous conseille d’avoir une carte et un plan de la ville sous la main afin de comprendre son cheminement. Une seule carte globale pour un ouvrage de plus de 400 pages et basé sur de l’URBEX, cela fait peu.

3. Congo 1905 par Vincent Bailly et Tristan Thil

« Si on veut se donner une chance de véritablement affronter les enjeux contemporains, il faut être capable de regarder en face d’où ils procèdent ».

Dominique Bellec, Congo 1905, p.134, 2018.

Le dernier ouvrage que je vous propose de découvrir cet été est une BD de Vincent Bailly et Tristan Thil. Le voyage nous emmène au Congo au début du XXème siècle. Vous suivrez Pierre Savorgnan de Brazza, dans sa mission d’enquête, mise sur pieds sous la pression parlementaire après un assassinat abominable.

Le but de l’Etat français était de faire passer ces actes odieux commis sur les populations locales pour des actes isolés, redoutant la comparaison avec l’administration cruelle et meurtrière du Congo belge voisin. Ces actes ont été en partie dénoncés par la presse et on choqués l’opinion publique en 1905.

Brazza est alors choisi pour mener cette enquête, car il a la réputation d’être intègre d’autant plus qu’il a été écarté de son poste de commissaire général parce qu’il était gênant. Pour ceux qui ne connaissent pas Brazza, c’est un explorateur, amoureux de l’Afrique, qui a toujours eu de mauvais rapport avec l’administration. C’était le cas déjà lorsqu’il était commissaire général au Congo car il c’était opposé notamment au développement des compagnies concessionnaires. L’Etat français pensait que Brazza les aiderait, jamais l’administration n’avait anticipé que Brazza livrerait un rapport à charge.

Les planches sont très belles, l’indicible se montre au fur et à mesure que l’on avance dans le récit, et que l’on suit Brazza et ses collaborateurs. J’aime particulièrement le fait que la bande dessinée soit capable de dire, ou de mettre en scène l’Histoire, comme une story map. Cela est d’autant plus vrai que cette bande dessinée présente un rapport qui, pensait-on, avait disparu ou avait été détruit depuis 1907. Toute l’histoire ici est fondée sur une recherche archivistique importante, et notamment sur les travaux d’un éditeur, Dominique Bellec, qui a publié le rapport et les documents annexes, et de l’historienne Catherine Coquery-Vidrovitch, spécialiste de l’Afrique. Cette bande dessinée reprend, sur la base de ces archives, la genèse de ce rapport et « le contexte complexe Etat, forces armées et industriels mis en place au détriment d’un territoire et d’une population».

J’espère que vous apprécierez ces ouvrages autant que moi.

Première publication écrite !

Moi aussi je me suis fait recruter, en partant du virtuel pour un nouveau rôle bien réel !

Je suis ravi de participer au contenu « Perspectives » du magasine SIGMAG SIGTV.FR, merci Xavier Fodor pour cette confiance.

Et merci Agathe LORET de participer en illustrant intelligemment ce premier article.

En décidant de publier sur LinkedIn, de partager des sujets, des infos, des visions, j’expose sur un monde virtuel.
Puis quand le virtuel ramène au réel et que l’on peut aboutir sur des échanges concrets, on a cette impression d’avoir fermé une boucle, comme un cercle vertueux.

Aussi l’expérience d’écriture d’article, à la fois plus long et structuré qu’un post mais plus court qu’un rapport d’analyse ou qu’une proposition de stratégie, est un exercice différent et très intéressant.
J’aime ces nouveaux challenges qui me font continuer à apprendre !

Une belle nouvelle aventure, prochain épisode au prochain numéro !
Stay tuned !

Vers le site SIGMag/SIGTV : https://www.sigtv.fr/

Tu as mis en place du télétravail pendant le confinement ?

On entend cette question très souvent ces temps-ci entre nous, avec des partenaires, des clients.
Ma réponse ?

Plus de télétravail … euh, non !
On est déjà totalement en télétravail, en dématérialisé, en mode Cloud, etc.
L’entreprise est organisée sur ces principes.

Pas d’organisation à mettre en place; pas d’outil à déployer en urgence; pas de changement du mode de management pour s’adapter à la distance.

Que restera-t-il techniquement de tout ça ?
Difficile à dire.
On voit certaines entités revenir au bureau comme avant ou presque; d’autres qui conservent du télétravail; plusieurs qui vont commencer ou intensifier leur démarche de digitalisation et/ou télétravail.

Aujourd’hui je suis ravi de retrouver des personnes physiques et des échanges en présence, c’est quand même autre chose, même avec les nouvelles précautions d’usage !
Je suis aussi satisfait du mode de fonctionnement mis en place, et surtout de la bonne adhésion et de la bonne exploitation de ces principes par mes collègues !

Ce confinement nous aura convaincu de poursuivre dans cette voie et de le promouvoir, même si on se sent parfois différents.